L’histoire de Bucket Robotics au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas révèle bien plus que la simple présence d’une startup ; il met en évidence l’effort incessant nécessaire pour percer dans le paysage technologique concurrentiel. Fondée en 2024 et soutenue par Y Combinator, Bucket Robotics a été confrontée à un défi logistique immédiat : transporter les composants de son stand jusqu’au salon. Le PDG Matt Puchalski a contourné les retards d’expédition potentiels en conduisant personnellement une Hyundai Santa Fe bondée pendant 12 heures sous la pluie, assurant ainsi leur présence à l’un des plus grands événements technologiques au monde.
Le problème : le contrôle qualité dans la fabrication
Bucket Robotics s’attaque à un goulot d’étranglement fondamental, mais souvent négligé, dans la fabrication moderne : l’inspection de la qualité des surfaces. Alors que les systèmes automatisés gèrent les contrôles d’intégrité structurelle, garantir une esthétique impeccable (cohérence des couleurs, surfaces sans rayures) repose traditionnellement sur des inspecteurs humains, souvent décrits par Puchalski comme des « mecs du Wisconsin ». Cette approche manuelle est lente, coûteuse et ne s’adapte pas efficacement.
L’industrie est confrontée à ce problème depuis des décennies. L’automatisation de l’inspection des surfaces nécessite de grandes quantités de données pour entraîner les modèles d’IA. Bucket Robotics évite ce problème en exploitant les fichiers CAO des pièces et en simulant les défauts (marques de brûlure, bosses, variations de couleur) pour enseigner à ses systèmes de vision comment identifier les défauts du monde réel. Cela permet un déploiement rapide – apparemment « en quelques minutes » – sans avoir besoin d’un étiquetage manuel approfondi.
Des racines de l’industrie automobile au potentiel du double usage
L’expérience de Puchalski dans les véhicules autonomes chez Uber, Argo AI et Ford éclaire l’approche de Bucket Robotics. Il a exploité les connexions existantes dans le secteur automobile pour susciter un intérêt précoce. La technologie de l’entreprise ne se limite pas aux voitures ; elle trouve également du terrain dans les applications de défense, positionnant Bucket Robotics comme une entreprise « à double usage » s’adressant à la fois aux marchés commerciaux et gouvernementaux.
Cette approche est délibérée : la demande d’une production nationale sûre augmente. Bucket Robotics propose une solution qui peut s’intégrer aux lignes de production existantes sans nécessiter de nouveau matériel, réduisant ainsi les obstacles à l’adoption.
CES comme point de validation
Le CES 2026 a servi de creuset. Puchalski a passé la semaine à réseauter sans relâche, des soirées industrielles aux réunions impromptues dans les halls d’hôtel, présentant sa vision aux fabricants, aux experts en robotique et aux investisseurs. L’engagement constant tout au long du salon a démontré une réelle demande pour leur technologie.
La clé à retenir n’est pas seulement de survivre au CES, mais aussi de transformer l’intérêt initial en accords commerciaux. Bucket Robotics est désormais confronté à la tâche plus difficile de faire évoluer, de collecter des fonds et de consolider sa position sur un marché où l’automatisation n’est plus une tendance future, mais une nécessité immédiate.
À long terme, Bucket Robotics n’a pas pour objectif de remplacer entièrement les inspecteurs humains. Il cherche plutôt à augmenter leurs capacités en automatisant les aspects fastidieux et répétitifs du contrôle qualité. Le succès de l’entreprise dépend de la preuve que son approche est non seulement plus rapide et moins coûteuse, mais aussi plus fiable que le seul jugement humain.
