Le départ de la procureure générale Pam Bondi marque un tournant pour le ministère de la Justice de l’administration Trump. Alors que la direction précédente se caractérisait par un mélange frappant de malveillance et d’incompétence – engageant souvent des actions en justice qui échouaient sous un examen minutieux – le remplacement de Bondi pourrait apporter une nouvelle efficacité dangereuse.
Une histoire d’échec de la portée excessive
Au cours de ses 15 mois de mandat, Bondi a tenté à plusieurs reprises de transformer le ministère de la Justice en arme contre ses opposants politiques, pour ensuite voir ses efforts s’effondrer en raison d’une mauvaise exécution juridique. Des exemples notables incluent son affirmation selon laquelle elle possédait une liste des clients de Jeffrey Epstein, dont le DOJ a par la suite nié l’existence, et sa réponse dédaigneuse aux enquêtes du Congrès en citant la performance boursière comme justification.
Les tentatives de l’administration de poursuivre des personnalités comme l’ancien directeur du FBI James Comey et la procureure générale de New York Letitia James ont également échoué, en raison d’erreurs de procédure dans la nomination des principaux procureurs. Même les opérations à grande échelle, telles que l’occupation fédérale de Minneapolis et les arrestations massives d’immigrants, ont été minées par le manque de personnel et les contestations judiciaires. Les juges ont ouvertement critiqué le traitement des affaires par le département, un juge d’un tribunal de district notant que l’administration « a décidé d’envoyer des milliers d’agents… sans prévoir aucune disposition pour traiter les poursuites qui en résulteraient sûrement ».
L’incompétence comme bouclier
Cette incompétence, bien que frustrante pour les observateurs, a par inadvertance protégé l’administration de certains de ses propres excès. Un gerrymander texan, censé obtenir plus de sièges pour le GOP, a été initialement annulé en raison d’une lettre du bureau de Bondi contenant « des erreurs factuelles, juridiques et typographiques ». Même si la Cour suprême a par la suite rétabli le gerrymander, la décision initiale a démontré les conséquences d’une incompétence incontrôlée.
La menace de la compétence
Le véritable danger réside désormais dans la possibilité que Bondi soit remplacé par un avocat compétent et impitoyable. Le paysage politique actuel, avec une forte emprise républicaine sur le système judiciaire fédéral, signifie que même les actions douteuses seront probablement maintenues. La nomination d’un procureur général compétent pourrait conduire à des poursuites plus efficaces contre les ennemis de Trump, à des fuites sélectives d’informations préjudiciables et à une poursuite incessante du programme de l’administration.
Le pire des cas n’est pas la malveillance, mais la compétence. Un successeur compétent ne répétera pas les erreurs de Bondi ; ils exécuteront le programme de Trump avec précision.
L’érosion de la confiance
Le mandat de Bondi a déjà porté atteinte à la crédibilité du ministère de la Justice auprès des juges fédéraux, qui ont historiquement fait preuve de déférence à l’égard de l’agence. Désormais, les juges remettent ouvertement en question les allégations du DOJ, obligeant les avocats à consacrer plus de temps à défendre les dossiers fragiles. Cette érosion de la confiance se poursuivra, quel que soit celui qui prendra la relève.
Le remplacement de Bondi offre à Trump l’opportunité d’installer un loyaliste capable d’exploiter efficacement le pouvoir du département. Reste à savoir si cela se produira, mais le potentiel d’un danger accru est indéniable. L’incompétence de l’administration précédente a peut-être été une faiblesse, mais un successeur compétent pourrait s’avérer bien plus dangereux.
